La campagne Retroussons-nous les manches pour le climat a été lancée aujourd’hui avec une lettre ouverte signée par plus de 100 mairesses, maires, élues et élus municipaux à travers le Canada. Elles et ils exhortent l’ensemble des chefs de partis à renforcer la sécurité économique et climatique du Canada grâce à cinq actions ambitieuses et réalistes.
Ces projets incluent : bâtir un réseau électrique national Est–Ouest–Nord, créer un réseau de trains à grande vitesse relié à des autobus électriques fabriqués au Québec et ailleurs au pays, construire au moins deux millions de logements écoénergétiques hors marché, augmenter les rénovations des maisons et des bâtiments afin de réduire les factures énergétiques et la pollution ainsi que financer une stratégie nationale de résilience, d’intervention et de reconstruction pour aider les communautés à se préparer, à résister et à se reconstruire après les catastrophes climatiques.
Ces mesures créeraient des centaines de milliers d’emplois locaux et durables dans les villes, les régions rurales et les communautés autochtones, tout en renforçant notre économie et rendant la vie quotidienne plus sûre et plus abordable pour toutes et tous.
La lettre ouverte se lit comme suit :
Messieurs Blanchet, Carney, Pedneault, Poilievre, Singh et Madame May,
Nous sommes des maires et des conseiller·ère·s municipaux élu·es aux quatre coins du pays. Ensemble, nous représentons des millions de citoyen·nes issus de toutes allégeances politiques.
Chaque jour, nous sommes aux premières loges de la crise climatique. Ces dernières années, nous avons soutenu nos communautés alors que des incendies ont réduit des quartiers en cendres, que des inondations ont forcé des familles à tout abandonner, et que des vagues de chaleur ont tragiquement coûté la vie aux plus vulnérables.
Ces événements marquent profondément notre vision du service public.Impossible d’assister à la détresse de nos aîné·es pendant une canicule sans saisir l’urgence de fournir des logements abordables et sécuritaires. Impossible de consoler des familles qui ont tout perdu sans se demander comment mieux reconstruire. Et personne ne peut regarder ses enfants respirer une fumée toxique sans comprendre que le moment d’agir pour le climat, c’est maintenant — car plus tard, ce sera trop tard.
En tant qu’élu·es municipaux, la gestion de crise est dans notre ADN. Et nous savons qu’en période de turbulence, les citoyen·nes attendent de leurs dirigeant·es qu’ils ne fuient pas les défis, mais qu’ils se retroussent les manches et passent à l’action.
Aujourd’hui, en plus de lutter contre une crise climatique de plus en plus implacable, nous devons composer avec une guerre tarifaire injustifiée — lancée par notre plus proche allié — qui provoquera inévitablement de l’instabilité pour nos entreprises, des pertes d’emplois et une hausse du coût de la vie.
Face à ces tarifs, comme face aux feux ou aux inondations, retroussons nos manches pour venir en aide aux Canadiens et pour renforcer notre résilience afin de limiter notre vulnérabilité à l’avenir.
En cette période électorale, tous les ordres de gouvernement ont un rôle à jouer. C’est pourquoi nous proposons des mesures ambitieuses, mais réalistes, que le prochain gouvernement fédéral pourra mettre en œuvre dès son élection pour protéger notre économie, créer un véritable boom d’emplois et répondre à l’urgence climatique :
- Bâtissons un réseau électrique national couvrant l’ensemble du territoire pour fournir une énergie abordable aux communautés urbaines, rurales et autochtones;
- Créons un réseau interprovincial de trains à grande vitesse, relié à l’ensemble des régions par des autobus électriques fabriqués au Québec et ailleurs au pays;
- Construisons au moins deux millions de logements écoénergétiques hors marché privé pour créer des logements abordables et reliés au transport collectif;
- Rénovons nos maisons et bâtiments pour mieux conserver la chaleur en hiver et la fraîcheur en été, réduisant ainsi les factures énergétiques et la pollution;
- Finançons une véritable stratégie nationale de résilience, d’intervention et de reconstruction, pour que nos communautés soient prêtes à faire face aux catastrophes climatiques à venir — et capables de se relever plus fortes.
Ces projets sont porteurs. En plus de répondre aux deux grandes crises de notre époque, ils généreront des centaines de milliers d’emplois de qualité, ici même, dans nos villes, nos régions rurales et nos communautés autochtones. Ils utiliseront notre acier, notre aluminium, notre bois. Ils rendront la vie plus abordable, plus sécuritaire, et renforceront notre souveraineté économique.
Comment financer cette transition? Les ressources sont là. Il suffit de les réorienter efficacement. Par exemple, en mettant fin aux subventions aux énergies fossiles, et en appliquant le principe de pollueur-payeur, nous pourrions dégager des milliards pour financer cette transformation.
Cette réponse, c’est celle que l’urgence à laquelle nous faisons face exige. C’est pourquoi il est si décevant d’entendre certain·e·s voix suivre l’exemple de Donald Trump et tenter de ressusciter des projets de pipelines dépassés et impopulaires. Soyons honnêtes : ces nouveaux pipelines exigent d’énormes subventions publiques, piétinent la souveraineté autochtone, et nous condamnent à subir encore plus de catastrophes climatiques dans les années à venir.
Sur le terrain, peu importe leur allégeance politique, nos concitoyen·nes veulent la même chose : un bon emploi, un toit sûr et abordable, et l’assurance que leurs dirigeant·es ont un plan solide pour faire face à la prochaine crise — qu’elle soit climatique ou économique, qu’elle vienne de l’intérieur ou de l’extérieur.
Nous faisons face à une menace climatique croissante et à une attaque contre notre souveraineté économique. Nous pouvons — et devons — y répondre en même temps. À cette élection fédérale, engageons-nous en faveur de projets structurants qui protègent nos territoires, connectent nos communautés et préparent notre avenir.