Comme conseillères, conseillers et maires, nous sommes en première ligne face à trois crises qui convergent : un logement hors de prix, un climat de plus en plus dangereux, et maintenant, des prix de l’énergie qui explosent sur fond de guerre.
On le voit tous les jours : la véritable abordabilité, ce n’est pas juste le coût d’achat ou le loyer. C’est aussi être capable de payer ses factures à la fin du mois.
C’est de savoir si ce logement peut vous protéger des événements météorologiques extrêmes, s’il sera abordable à chauffer et à climatiser, et s’il offrira une valeur durable, pour les familles, mais aussi pour nos communautés et pour le Québec et le Canada.
L’initiative fédérale Maisons Canada reconnaît avec raison le besoin urgent d’augmenter le logement non marchand et investit des milliards dans le logement abordable et les infrastructures essentielles. Au Québec, l’engagement de livrer 9 000 logements abordables d’ici la fin de 2026 va dans le même sens. Mais ces efforts manquent encore de normes minimales qui feraient de ces logements de vrais milieux de vie, pas juste pour aujourd’hui, mais pour les générations qui suivent.
Les programmes gouvernementaux devraient établir la norme, pas financer une course vers le bas. Donnons l’exemple en visant les plus hauts standards du Code national du bâtiment, et assurons-nous que tous les logements financés par les gouvernements fédéral et québécois réduisent la pollution plutôt que de l’aggraver, en adhérant à un mandat climatique clair.
Privilégier la sécurité à long terme en exigeant des évaluations des risques climatiques. Sans mesures d’atténuation, construire en zone inondable ou dans les corridors à risque de feux de forêt met les résidents en danger et expose les assureurs et les contribuables à des risques financiers
Soutenons les familles et notre économie avec une stratégie nationale de rénovation énergétique en profondeur, incluant des programmes spécifiques pour les ménages à faible revenu et les immeubles locatifs. Bâtissons sur les programmes locaux et provinciaux qui fonctionnent, comme Rénoclimat et Chauffez vert, avec un déploiement à grande échelle des thermopompes.
Intégrons l’énergie propre dans les nouveaux développements en favorisant le solaire sur les toits et la géothermie, et en planifiant la sortie du gaz naturel pour le chauffage. Au Québec, notre hydroélectricité est un atout collectif unique : utilisons-la pleinement, en propriété locale et collective, pour que les retombées profitent aux communautés.