Plus de 930 communautés, représentant plus de 26 millions de Canadiennes et de Canadiens, ont subi les conséquences des changements climatiques depuis le début de l’année

Alors que le Canada encaisse un mur tarifaire de 50 % et un été de feux et de chaleur, des mairesses, des maires, des conseillères et des conseillers demandent au gouvernement fédéral de bâtir les infrastructures énergétiques et résidentielles qui rendront le pays moins vulnérable à ces deux menaces.

Ottawa (Ontario), le 1er septembre 2026 – Les données rendues publiques aujourd’hui montrent que les changements climatiques ont déjà perturbé la vie de plus de 60 % de la population canadienne, à mesure que les impacts se cumulent partout au pays. Les feux de forêt, les inondations, la sécheresse, la qualité de l’air dangereuse et les avertissements de chaleur extrême ont touché plus de 930 communautés, représentant plus de 26 millions de personnes au Canada depuis le début de l’année. 

Ces données, diffusées au moyen de la Carte des impacts climatiques de la campagne Retroussons-nous les manches pour le climat, documentent les épreuves que traversent les personnes et les communautés alors que les changements climatiques s’intensifient. Les données ont été recueillies du 1er janvier au 12 août 2026. Elles démontrent que, dans un contexte de tensions commerciales croissantes avec les États-Unis, la population canadienne est éprouvée sur deux fronts, et que les grands projets structurants devraient apporter des solutions aux deux.

Les impacts sont documentés par type d’aléa. Soixante-huit communautés ont déclaré l’état d’urgence local, et plusieurs ont fait face à plus d’un aléa au cours de l’été. La chaleur extrême a touché le plus grand nombre de communautés, soit 669, suivie de la qualité de l’air dangereuse dans 320 communautés, des inondations dans 138, des feux de forêt dans 49, des tempêtes violentes dans 40 et de la sécheresse dans 12. Les données montrent que d’est en ouest, de Yellowknife à Waterloo et de Winnipeg à Gatineau, des communautés de partout au Canada ont vécu des évacuations, une fumée dangereuse, des dommages aux habitations et des moyens de subsistance perturbés, et qu’elles restent dans l’incertitude quant à la suite des choses, alors que les coûts du rétablissement s’accumulent.

En plus des données publiées aujourd’hui, les feux de forêt ont touché au moins 81 Premières Nations et forcé 9 131 personnes à quitter leur communauté depuis le 1er avril. Parmi les nombreux exemples de ce mois-ci, un feu de forêt a ravagé la réserve de l’Okanagan Indian Band, près de Vernon, en Colombie-Britannique, détruisant environ 230 habitations et ajoutant un nom à une liste qui comprend déjà Lytton et Jasper. La situation s’est aggravée depuis : la Colombie-Britannique a déclaré l’état d’urgence provincial alors qu’un autre feu de forêt à progression rapide a entraîné des ordres d’évacuation visant près de 22 000 personnes.

L’inaction n’est pas viable

« Les feux de forêt et les inondations dont nous avons été témoins cet été devraient mettre fin à tout nouveau report des mesures climatiques nécessaires. Les élues et les élus locaux constatent de première main les conséquences des impacts climatiques causés par les combustibles fossiles, et nous sonnons l’alarme auprès de notre gouvernement fédéral. Notre pays est menacé sur deux fronts : l’intimidation économique de notre voisin, ainsi que l’aggravation des catastrophes et des préjudices climatiques. Ces deux menaces sont inextricablement liées, et leurs solutions ne font qu’une. Le Canada peut et doit se retrousser les manches pour le climat, et investir dans des projets structurants et porteurs sur le plan climatique pour répondre aux défis commerciaux et climatiques de nos communautés. » a déclaré David Miller, directeur général du C40 Centre for City Climate Policy and Economy, ancien maire de Toronto et coprésident de la campagne Retroussons-nous les manches pour le climat.

Les municipalités savent ce dont leurs communautés ont besoin pour s’adapter : des infrastructures conçues pour résister aux conditions météorologiques extrêmes, un financement suffisant et rapide lorsqu’une catastrophe frappe, ainsi que des équipes d’urgence capables d’intervenir avant qu’une crise ne devienne mortelle. Les élues et les élus locaux demandent deux choses : un engagement réel à réduire les émissions qui sont à l’origine de ces perturbations, et un financement adéquat pour l’adaptation essentielle dont leurs communautés ont besoin.

De vrais projets structurants protègent la population canadienne : une seule série d’investissements pour répondre à deux crises

Près de 300 mairesses, maires, conseillères et conseillers réunis derrière la campagne Retroussons-nous les manches pour le climat demandent au gouvernement fédéral de profiter du budget de l’automne pour financer des projets structurants d’intérêt national qui réduiront la dépendance du Canada aux combustibles fossiles tout en répondant à ses défis économiques. 

Alors que le Canada réagit aux nouveaux tarifs douaniers américains, ce budget constituera un autre test : Ottawa est-il prêt à défendre l’économie et à protéger les communautés des impacts climatiques au moyen d’une seule série d’investissements, plutôt qu’à sacrifier l’un au profit de l’autre? La campagne demande au gouvernement fédéral :

  1. d’investir directement dans un réseau d’électricité propre, en conservant une participation publique dans les projets de transport interrégional d’électricité;
  2. d’exiger que les investissements fédéraux en habitation permettent de livrer des logements performants, écoénergétiques et abordables;
  3. de financer et de doter en ressources une stratégie nationale de résilience, d’intervention et de rétablissement.

Les mairesses, maires, conseillères et conseillers estiment que ces investissements créeraient des emplois et feraient appel à l’acier, à l’aluminium et au bois canadiens, des secteurs aujourd’hui frappés par les tarifs américains. « L’industrie des combustibles fossiles, dont les plus grands producteurs canadiens sont majoritairement de propriété américaine, tente de faire croire à la population canadienne qu’il faut choisir : une énergie propre en abondance ou la souveraineté économique, des communautés résilientes ou l’indépendance, des logements alimentés proprement ou des logements qui aggravent la pollution à l’origine de ces incendies. C’est un faux choix. Ces solutions sont interreliées; elles ne font qu’une », a ajouté David Miller.

« L’ampleur des impacts que subit la population canadienne montre l’urgence d’adopter des politiques fédérales qui protègent nos citoyennes et nos citoyens, ainsi que notre économie. Les coûts humains et financiers de l’inaction climatique ne feront qu’augmenter, mais le Canada a une occasion exceptionnelle de protéger ses villes des impacts climatiques tout en assurant un approvisionnement énergétique fiable pour les communautés et la prochaine génération d’emplois », a déclaré Ben Hendriksen, maire de Yellowknife, aux Territoires du Nord-Ouest.

La campagne demande également au gouvernement fédéral d’instaurer un impôt sur les profits excessifs des entreprises pétrolières et gazières, à l’exemple d’autres pays du G7, afin de contribuer au financement de ces investissements. Les entreprises pétrolières et gazières canadiennes pourraient encaisser environ 90 milliards de dollars en profits exceptionnels au premier trimestre en raison du choc des prix lié au conflit de 2026 en Iran. Les quatre plus grands producteurs pétroliers canadiens cotés en bourse ont déclaré des profits après impôts combinés de 13,3 milliards de dollars au deuxième trimestre de 2026, soit près de 150 millions de dollars par jour. Il s’agit d’une hausse de 144 % par rapport au même trimestre de 2025. 

Deux personnes sur trois au Canada, soit 66 %, appuient un tel impôt, selon un sondage Liaison Stratégies de 2026 commandé par Climate Caucus.

Des élues et des élus locaux en première ligne

« La chaleur extrême, la qualité de l’air dangereuse causée par le smog et les feux de forêt et, plus récemment, les inondations importantes dans le sud-ouest de l’Ontario mettent nos communautés en danger et nuisent aux services municipaux, aux infrastructures, aux activités sportives, aux événements publics et à bien d’autres choses. Le prix des changements climatiques ne se mesure pas qu’en dollars. Il se mesure aussi aux problèmes de santé grandissants causés par la chaleur et l’air toxique, à l’anxiété et au stress accrus, ainsi qu’aux pressions croissantes qui pèsent sur les municipalités pour assurer la sécurité de la population et des infrastructures. Nous avons un besoin urgent que le gouvernement fédéral donne la priorité à des politiques structurantes qui reconnaissent l’ampleur du problème climatique et la viabilité des solutions existantes », a déclaré Dorothy McCabe, mairesse de Waterloo, en Ontario.

« Des tempêtes violentes et des inondations aux menaces de tornade et à la chaleur extrême, Regina constate les impacts croissants des changements climatiques causés par la pollution. Notre ville intensifie ses interventions face à ces risques, mais nous ne pouvons y arriver seuls. Nous avons besoin que le gouvernement fédéral accélère les investissements qui réduisent la pollution et renforcent les infrastructures dont les villes dépendent pour protéger la population », a déclaré Shanon Zachidniak, conseillère du district 8, à Regina, en Saskatchewan.

« Plus de 50 municipalités ont déclaré l’état d’urgence en raison des inondations. À Winnipeg, des résidentes et des résidents se préparaient à accueillir leurs proches venus de ces localités tout en composant avec de graves inondations de sous-sol, des refoulements d’égout et des dommages liés à une capacité insuffisante de gestion des eaux pluviales. Des villes comme Winnipeg ont des infrastructures vieillissantes qui ne sont pas adaptées aux conditions météorologiques extrêmes engendrées par les changements climatiques. C’est pourquoi nous avons besoin de projets structurants et d’un gouvernement fédéral qui répond à l’appel des villes en faveur d’une stratégie consacrée à la résilience et au rétablissement, afin de financer directement ce type d’infrastructures », a déclaré Sherri Rollins, conseillère municipale de Winnipeg, au Manitoba.

« À Gatineau, les changements climatiques ne sont plus une menace lointaine : ils se manifestent déjà par des inondations plus fréquentes, des alertes de tornade et des signes de glissements de terrain, un rappel de l’urgence d’agir pour protéger nos quartiers et nos familles. Les municipalités sont le palier de gouvernement le plus près des citoyennes et des citoyens ; elles sont donc en première ligne de cette lutte, mais elles ne peuvent relever seules un défi de cette ampleur. Nous devons agir maintenant, collectivement, avec des responsabilités partagées et des ressources à la hauteur des défis auxquels nos communautés font face », a déclaré Rachel Deslauriers, conseillère municipale du district de Mitigomijokan, Ville de Gatineau, présidente de la Commission sur l’environnement et la lutte aux changements climatiques.

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À propos de Retroussons-nous les manches pour le climat

Retroussons-nous les manches pour le climat est une campagne portée par près de 300 mairesses, maires, conseillères et conseillers qui réclament des projets structurants d’intérêt national pour protéger le Canada de la double crise du dérèglement climatique et de l’instabilité économique, et pour rendre nos communautés plus sécuritaires, plus abordables et plus prospères. La campagne est pilotée par Climate Caucus, le plus grand réseau d’élues et d’élus locaux engagés pour le climat au Canada. Climate Caucus réalise des recherches, réunit des expertes et des experts pour répondre aux besoins des élues et des élus locaux et mène des campagnes de représentation afin que les priorités municipales soient prises en compte dans les décisions de tous les ordres de gouvernement.

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